mercredi 29 mai 2013

La morale et la grâce...


Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise pensée. C'est d'avoir une pensée toute faite. Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise âme et même de se faire une mauvaise âme. C'est d'avoir une âme toute faite. Il y a quelque chose de pire que d'avoir une âme même perverse.
C'est d'avoir une âme habituée. On a vu les jeux incroyables de la grâce et les grâces incroyables de la grâce pénétrer une mauvaise âme et même une âme perverse et on a vu sauver ce qui paraissait perdu. Mais on n'a jamais vu mouiller ce qui était verni, on n'a pas vu traverser ce qui était imperméable, on n'a pas vu tremper ce qui était habitué.


    Les “honnêtes gens” ne mouillent pas à la grâce. C'est que précisément les plus honnêtes gens, ou simplement les honnêtes gens, ou enfin ceux qu'on nomme tels, n'ont point de défauts eux-mêmes dans l'armure. Ils ne sont pas blessés. Leur peau de morale, constamment intacte, leur fait un cuir et une cuirasse sans faute. Ils ne présentent pas cette ouverture que fait une affreuse blessure, une inoubliable détresse, un regret invincible, un point de suture éternellement mal joint, une mortelle inquiétude, une invincible arrière-anxiété, une amertume secrète, un effondrement perpétuellement masqué, une cicatrice éternellement mal fermée. Ils ne présentent pas cette entrée à la grâce qu'est essentiellement le péché.


    Parce qu'ils ne sont pas blessés, ils ne sont pas vulnérables. Parce qu'ils ne manquent de rien, on ne leur apporte rien. Parce qu'ils ne manquent de rien, on ne leur apporte pas ce qui est tout. La charité même de Dieu ne panse point celui qui n'a pas de plaies. C'est parce qu'un homme était par terre que le Samaritain le ramassa. C'est parce que la face de Jésus était sale que Véronique l'essuya d'un mouchoir. Or celui qui n'est pas tombé ne sera jamais ramassé ; et celui qui n'est pas sale ne sera pas essuyé.



    Charles Péguy

lundi 28 janvier 2013

Ce n’est pas en vain qu’on sert Dieu | www.la-Bible.info

 Ce n’est pas en vain qu’on sert Dieu
 
 
 
 
 
 
 
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“Vous dites: c’est en vain qu’on sert Dieu; et quel profit y a-t-il à ce que nous fassions l’acquit de la charge qu’il nous a confiée…?” Malachie 3. 14
Qui d’entre nous n’a pas été un jour envahi par le découragement exprimé par ces paroles: «C’est en vain que j’ai mis ma confiance en Dieu, mes circonstances sont toujours aussi pénibles. C’est en vain que j’essaie de parler du Seigneur dans mon quartier, les gens sont tellement indifférents à l’Évangile. C’est en vain que je veux rester vierge jusqu’au jour du mariage; quel profit en ai-je? C’est en vain que je vais me joindre à mes frères pour le culte; les autres font la grasse matinée ou jouent au foot. C’est en vain que je vais à la réunion de prières, rien ne bouge!»
Manque de foi, découragement ou pointe de révolte? Plusieurs croyants ont connu cet état:
– David avait pris soin des bergers de Nabal dans le désert; mais Nabal ne veut rien donner en reconnaissance. Aussi David dit-il: “Certainement c’est en vain que j’ai gardé tout ce que cet homme avait au désert” (1 Samuel 25. 21). Il veut se venger de cette injustice criante. Heureusement, la sage Abigaïl viendra l’en dissuader.
– Asaph est lui aussi découragé en voyant la prospérité des méchants, il dit: “Certainement c’est en vain que j’ai purifié mon cœur et que j’ai lavé mes mains dans l’innocence” (Psaume 73. 13). Il lui a fallu entrer dans les sanctuaires de Dieu pour comprendre le sort des méchants (v. 17).
Jésus lui-même a su ce que l’on éprouve devant un labeur apparemment sans résultat: “J’ai travaillé en vain, j’ai consumé ma force pour le néant et en vain” (Esaïe 49. 4). En effet, il fut rejeté par son peuple, et Israël ne fut pas rassemblé. Alors, il se réfugia en Dieu: “Mon œuvre est par-devers mon Dieu” (v. 4), et il reçut les promesses qu’il allait “rétablir les tribus de Jacob… être une lumière des nations… être (son) salut jusqu’au bout de la terre” (v. 6).
L’apôtre Paul encouragera plus tard les croyants de Corinthe: “Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, abondant toujours dans l’œuvre du Seigneur, sachant que votre travail n’est pas vain dans le Seigneur” (1 Corinthiens 15. 58).
Non, ce n’est jamais en vain que l’on sert Dieu!  P. a. S.